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Ce que dit d’elle, Nicolas Berger pour qui elle a illustré une nouvelle, Outre ciel

«  Courts métrages, clips, effets spéciaux, illustrations, dessins... Créatrice polymorphe, Justine Gasquet sonde inlassablement le réel et l'imaginaire grâce à divers médiums qui se répondent en de saisissants échos. Son œuvre graphique traduit, par-delà une évidente quête esthétique, un refus de l'ordinaire, un désir de fixer le dehors et le dedans dans une même exigence de vérité.

            Ses paysages à l'encre, parfois rehaussés d'acrylique, sont le fruit d'une observation minutieuse, d'une contemplation empreinte de relative quiétude. Pour autant, impossible de les réduire à de simples décalques du réel. On sent la joie éprouvée par l'artiste au contact du papier, de la plume ; on perçoit les rêveries et les émotions qu'ont fait naître les lieux figurés. De cette nature transmuée s'esquissent des chemins d'ombre ou de lumière, sentes intérieures invitant le spectateur à se perdre – à se retrouver ? – dans des labyrinthes de haies, d'improbables sanctuaires. La description méticuleuse des éléments, conjuguée à des proportions irréalistes, parvient à exprimer le sentiment qu’ils inspirent et le plaisir de l'étrangeté.

           Une étrangeté qui culmine dans un autre versant de l'œuvre de Justine Gasquet, d'emblée fantastique. Nous découvrons, le plus souvent en couleurs, des visions aussi tourmentées que fascinantes, peuplées de squelettes d'animaux, de femmes et de formes évanescentes. Là, tout se tord et s'articule sur de muettes extases ou douleurs, les jambes se délient à l'infini... Des chevelures, des yeux, des mains et des bouches s'accolent sous d'érotiques ovales, combinaisons surréalistes que n'aurait pas reniées Pierre Molinier. Mais ici rien de volontairement provocant, des reflets de peurs plutôt que de fantasmes : ce sont les heures troubles de la descente en soi, fantômes et démons familiers surgissent sans ordre de préséance.

           Justine Gasquet paraît explorer cet Autre Côté auquel Alfred Kubin consacra un roman et une cinquantaine d'illustrations. Le livre retrace le voyage d'un dessinateur à travers le mystérieux Empire du rêve qui, au fil de métamorphoses hallucinées, sombre dans le cauchemar. C'est bien cet univers toujours proche de la dissolution, cette matière primordiale saisie sous ses aspects les plus denses et les plus fragiles, que Justine Gasquet nous donne à voir. Ses dessins possèdent, par là même, une dimension intemporelle participant à leur fort pouvoir d'attraction.

           Ainsi, tant par ses paysages lumineux que par ses visages de l'intime ténèbre, l'artiste élabore de singulières images du visible et de l'invisible. Sur des mondes qui inexorablement s'agrègent et se désagrègent, aux confins du vertige, Justine Gasquet pose le sceau de la double étrangeté.»

Formation
Beaux-Arts de Lyon de 1992 à 1994
Diplômée de la FEMIS (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son), section décor en juin 1998
En 2004, fait un stage-atelier d’acteur animé par Pico Berkovit
En 2007, fait un stage d’Ecriture à l’IECI, animé par Christophe Vallée
En 2008, fait un stage d’art dramatique et de direction d’acteur avec Robert Castle, ITNY (from Lee Strasberg Theatre Inst.), puis un stage linguistique de russe à l’Université de St Pétersbourg.
En 2013, suit la masterclass de John Truby, Anatomy of Story

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