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L’homme sombre
court métrage dessiné - 7 mn – format 4/3 noir et blanc
Le film a pour fil conducteur le texte du second poème de la légende des siècles de Victor Hugo : la conscience.

L’homme sombre est un hommage au poète bien sûr mais aussi au dessinateur que fut Victor Hugo. Il s’amuse à emprunter
à la forme des premiers films muets. Caïn, le « deuxième homme » commet le premier meurtre, celui de son frère. Il fuit la colère divine avec « les siens ». Ignorant ce qu’est le remord  il ne peut l’envisager que par l’expérience vécue et le découvre peu à peu, horrifié, sans pouvoir le nommer. Il finit par objectiver sa faute, la découvrir, l’inventer. Dieu est dans l’homme, semble nous suggérer le poète. Les moyens mis en oeuvre par ce premier clan humain pour contrer cet ennemi maléfique qu’est la conscience, sont démesurés. Il y a dans cette fuite en avant dénoncée une sorte d’humour tragique qui nous renvoie jusqu’à  nous-mêmes, gens d’aujourd’hui.

Dissimulé sous l’emphase débridée du poète alors en exil, le sens de ce texte, où la nature semble reculer sous des couches de constructions, est terriblement moderne.

Le dessin épique et débridé s’est imposé à moi comme un moyen de traiter ce mythe à plusieurs étages. Une suite de paysages fixes évoquant la nature sauvage puis l’architecture archaïque mène à la chambre noire dans laquelle est nommée et définie la prise de conscience.

Les personnages de l’histoire, dépourvus de subjectivité, sont comme absents de l’image. Les décors et la création sonore parlent pour eux. Ils sont parfois suggérés par des éléments naturels allégoriques. Seule, Tsilla, la petite fille, apparaît nettement à deux reprises. Caïn est esquissé, comme une promesse d’humanité consciente. Son corps et son visage sont fragmentaires, inachevés. Le plus lisible, pour lui et pour nous, ce sont ses mains. Elles ont tué et elles le protègent de l’œil qu’elles finissent par dessiner à l’aveugle sur la paroi.
 

Création graphique, montage et réalisation : Jean-Baptiste Cleyet - Création musicale et voix : Pierre Margot

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