Petites boîtes

Ne lisez pas les livres de Yôko Ogawa sans écouter chaque phrase, sans entendre ses mots et l’écho qu’ils produisent. Si vous leur accordez une réelle attention, leur sens se dépliera littéralement sous vos yeux.



L’objet/livre est déjà, en soi, une promesse : sa forme oblongue, sa couverture subtile et soignée… Première boîte que l’on rechigne à ouvrir de peur de déjà rompre le charme et le mystère.

Certains soirs sur la colline, aux abords de la ville, des inconnus attendent le passage d’un souffle, d’un brin de vent. La dame de l’école maternelle sait qu’ils écoutent en pleine nature une musique inaudible pour tout autre qu’eux-mêmes, un chant issu du lointain. Une présence absente.

Puis, la première boîte ouverte, le voyage commence : l’école où tout est à l’échelle de l’enfance, M. Baryton et ses lettres d’amour indéchiffrables, les concerts de soi à soi, les boîtes, multiples et omniprésentes, la maternité que l’on détruit à coups d’explosifs, M. Carrie et ses sculptures…


Boris Vian au pays du soleil levant, le mono no aware en plus. ▪


Petites boïtes de Yôko Ogawa est un roman, paru en février 2022 - 208p. l'ouvrage est publié aux éditions Actes Sud Littérature, lettres japonaises


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